DEMARCHE PEDAGOGIQUE


Les activités de recherche documentaire sur Internet ne s'opposent pas à celles qui ont pour support les livres et les encyclopédies. Le rôle des bibliothèques et des BCD est toujours aussi important. Les diverses expériences dans ce domaine constituent des points d'appui précieux, même si beaucoup d'apprentissages n'ont pas été formalisés. La fréquentation de lieux de lecture, l'habitude de consulter des livres, la catégorisation des ouvrages de la bibliothèque permettent de développer des compétences qui peuvent être réinvesties dans l'apprentissage de la recherche documentaire sur Internet.

Les élèves doivent apprendre à connaître les avantages et les inconvénients de chaque source d'information, pour choisir la plus adaptée au projet de recherche envisagé. C'est ce que le référentiel du B2i de décembre 2011 indique (item 4.7)

L'expérience tend à montrer qu'Internet est souvent la seule source d'information disponible ou le moyen le plus rapide de l'obtenir. C'est sans doute pour cette raison, que le B2i lui accorde une place importante.

PAR OÙ COMMENCER ?


La plupart des enseignants ont pris l'habitude de naviguer sur Internet et maîtrisent ce type de lecture, si bien que leur problème essentiel est d'accéder à l'information recherchée. Le plus souvent, ceci entraîne une réflexion sur le moteur de recherche qu'il convient d'utiliser et la façon dont la requête doit être formulée.

Cette préoccupation légitime ne doit pas faire oublier qu'une très grande partie des élèves en début d'apprentissage n'en sont pas là. Pour eux, l'essentiel est d'apprendre à naviguer sur un site Web. Ils doivent apprendre à trouver des repères, comprendre le système de navigation, faire des choix, repérer les différents types d'écrits, délaisser ceux qui sont inutiles à partir d'indices pertiments, etc.

Ce principe est essentiel : Avant d'apprendre à faire une recherche sur Internet, les élèves doivent apprendre à naviguer sur un site Web. Cette étape ne peut être éludée.

Des études scientifiques montrent que la lecture sur écran pose des difficultés qui doivent être prises en compte par les enseignants dans la mise en place des situations d'apprentissage (Observatoire National de la Lecture – 1997. Lecture, informatique et nouveaux médias).

Les spécificités de la lecture sur écran

La lecture sur écran implique l'acquisition de connaissances et de compétences souvent spécifiques, parmi lesquelles on trouve :

  • La maîtrise de concepts propres à l'informatique et du vocabulaire qui leur est associé. Voici quelques exemples de termes à définir : fenêtres, ascenseurs, boutons de défilement, liens, listes déroulantes, icônes, onglets...
  • L'orientation de la lecture qui n'est plus systématiquement linéaire à cause de la structure en arborescence du site. Ce qui pose parfois des difficultés de mémorisation et de repérage.
  • L'accès limité à l'ensemble du texte et la nécessité de le faire défiler. Ce qui est également une autre source de difficultés de mémorisation et de repérage.
  • La présence d'écrits très différents (article, publicité, menu de navigation, information sur le site, logo, bannières...). Les élèves doivent apprendre progressivement à développer une lecture sélective au fur et à mesure qu'ils apprennent à repérer ces différents types d'écrits.

Pour apprendre à maîtriser cette culture numérique, les élèves ont besoin d'un apprentissage spécifique. Pour ce faire, il est intéressant de commencer par proposer des sites sélectionnés et adaptés au niveau des élèves. Ces sites, qui sont étudiés par les élèves, servent de tremplin à une recherche cadrée et encadrée.

Proposer un site sélectionné pour sa pertinence

Pour éviter la dispersion à cause du trop grand nombre d'informations disponibles, il vaut mieux restreindre le champ d'exploration. Au commencement, il est même préférable de limiter la recherche à un seul site.

Il y a de nombreux sites sur Internet, mais trouver des sites de qualité, adaptés au niveau des élèves et présentant un intérêt pédagogique n'est pas si facile qu'on pourrait le penser. Il convient d'éviter les sites :

  • dont les sources ne sont pas précisées ou sont douteuses (voir la rubrique « Ressources pour l'enseignant »)
    qui contiennent trop d'animations
  • dont les textes sont trop denses ou trop compliqués (donc inadaptés au niveau des élèves)
  • dont les pages sont chargées de publicité

Trouver des ressources documentaires de qualité demande du temps et de l'expérience. Pour les trouver, il est possible d'utiliser un moteur de recherche pour enfant, mais on peut également choisir :

  • un portail spécialisé pour enfants qui propose des sites humainement répertoriés, ce qui est le gage d'une certaine qualité. Par exemple le portail kidadoweb
  • un site lié à une discipline, par exemple en histoire le site l'Histoire par l'image

Apprendre à utiliser un moteur de recherche

Le référentiel du B2i de décembre 2011 précise que les élèves doivent apprendre à utiliser un moteur de recherche dès l'école élémentaire (items 4.5 et 4.6). Mais l'utilisation d'un moteur de recherche ne peut être abordée qu'une fois que les élèves ont appris à naviguer sur un site.

De plus cet apprentissage ne doit pas se calquer sur l'utilisation habituellement pratiquée par les adultes. L'enseignant doit réfléchir aux solutions qui lui permettront de limiter le nombre d'occurences obtenues par les recherches des élèves afin de pouvoir guider les apprentissages.

Pour ce faire, voici quelques pistes à envisager :

  • choisir un moteur de recherche qui ne propose que des sites conçus pour les enfants (exemple : www.babygo.fr qui fonctionne à partir d'une liste blanche)
  • privilégier la recherche sur un site choisi en utilisant son moteur ou son menu de recherche interne (exemple : www.animaux.org)
  • utiliser un moteur de recherche adapté aux élèves (exemple : l'outil de recherche de l'ENT Beneylu School qui limite les occurences aux sites Internet retenus par l'enseignant).
COMMENT S'ORGANISER ?


Le principe de base

Au début de ce type d'apprentissage, il faut éviter de multiplier les difficultés afin d'éviter aux élèves une surcharge cognitive.

Par exemple, si les principes de la navigation sur un site ne sont pas encore bien maîtrisés, on évite de proposer une recherche difficile sur un sujet complexe, que les élèves n'ont jamais abordé, avec du vocabulaire inconnu ou peu connu.

Le principe de base est donc de ne faire porter l'effort que sur un domaine à la fois. L'effort porte tantôt sur la méthodologie de recherche sur Internet, tantôt sur les sujets proposés qui deviennent progressivement plus complexes.

L'importance du guidage

En début d'apprentissage, le guidage proposé aux élèves est important. Plus les élèves deviennent expérimentés, plus le dispositif de guidage est assoupli.

Si l'enseignant met en place une situation de tutorat par les élèves les plus expérimentés de la classe, leur rôle et leurs actions doivent être clairement définis.

Les documents d'accompagnement des programmes de 2002 sur la lecture documentaire, proposent un empan de guidage présenté dans le tableau suivant : Document PDF à télécharger

Les 4 temps de la lecture documentaire

Le rôle de l'enseignant est de guider les élèves, du projet de recherche vers le traitement et la restitution de cette information. Ceci nécessite une démarche structurée. Respecter la présence des quatre temps suivants permet d'organiser cet enseignement avec une certaine cohérence pédagogique. Le plus souvent, ces temps sont répartis sur plusieurs séances. Cependant, en fonction du niveau des élèves, l'enseignant peut choisir d'en prendre certains en charge afin d'étayer fortement certains apprentissages.

  • 1er temps : La préparation de la recherche
  • 2ème temps : La recherche d'informations
  • 3ème temps : Le traitement de l'information
  • 4ème temps : La restitution.
  • Il est également possible d'ajouter un 5ème temps pour formaliser et mémoriser les acquis méthodologiques (les moyens utilisés, les difficultés et les pièges rencontrés, les aides utiles...)

Ces temps d'apprentissages sont résumés dans le tableau suivant : Document PDF à télécharger

Les projets de publication et de communication

Les projets de publication et de communication permettent de proposer aux élèves des situations d'apprentissage qui sont porteuses de sens. Ils favorisent l'engagement des élèves dans la tâche, ce qui a des répercussions sur la façon dont ils abordent le traitement et la restitution des informations trouvées.

Quelques exemples de projets :

  • Préparer un débat (santé, sécurité)‏, un exposé, une visite guidée, une émission de radio, une classe transplantée, un spectacle, une interview, etc.
  • Rédiger un article thématique (journal ou site d'école, exposition, correspondance scolaire...)‏
  • Conseiller des sites internet ou des livres.
  • Illustrer les synthèses écrites dans les cahiers, réaliser des cartes d'identité (animaux, arbres, pays), des frises chronologiques, un portrait de personnage célèbre.
  • Comprendre un livre (recherche préliminaire ou en parallèle à la lecture : repérage de lieu, de trajets, etc.)

Les TICE permettent un traitement complet du projet, de sa genèse jusqu'à sa publication, elles favorisent donc la prise en compte de la restitution de la recherche par les élèves.

LES DIFFICULTES RENCONTREES PAR LES ELEVES


Elles peuvent avoir des origines variées. Parmi elles se trouvent :

  • les difficultés liées à la maîtrise de la langue,
  • celles qui sont spécifiques à la recherche documentaire classique,
  • celles qui découlent de l'utilisation de l'outil informatique,
  • celles qui sont spécifiques à la navigation sur Internet.

L'utilisation des informations implicites

Les informations implicites sont nombreuses sur Internet. Dans la mesure du possible, il est souhaitable de prévoir un guidage adapté pour faciliter les déductions et inférences nécessaires.

La nécessité d'adopter une lecture sélective

Cette lecture sélective est la base de toute recherche documentaire. Elle s'apprend surtout en situation.

Le risque de perdre le fil de la recherche

Dispersion devant la grande quantité d’informations ou risque d'être détourné du sujet de recherche par des sollicitations plus attrayantes, telles que des animations ou des illustrations qui n'ont pas de lien direct avec l'objet de la recherche. Les élèves devront régulièrement évaluer leur propre constance dans la démarche de recherche.

L'acquisition de nouveaux concepts

Même si l'ordinateur propose une démarche interactive à caractère ludique, la recherche documentaire sur Internet implique l'acquisition de concepts propres à la navigation sur le Web ainsi que du vocabulaire adéquat (exemple : fenêtres, ascenseurs, boutons de défilement, liens, listes déroulantes, icônes, onglets). Ce vocabulaire fait l'objet d'un apprentissage régulier en situation.

Une avalanche de vocabulaire

Une difficulté classique de la recherche documentaire est la gestion d'un vocabulaire nouveau et important. A ce vocabulaire s'ajoute celui des compétences propres à l'informatique. L'enseignant doit veiller à ce que les élèves ne soient pas chargés cognitivement d'une façon excessive. Ainsi, il dissocie l'apprentissage du vocabulaire spécifique au thème de la recherche de celui qui est nécessaire à l'utilisation de l'outil informatique. L'utilisation de sites adaptés est donc nécessaire en début d'apprentissage.

L'acquisition de nouvelles compétences

Pour restituer les informations trouvées sur Internet, les élèves sont souvent obligés d'utiliser simultanément plusieurs applications (navigateur Internet, traitement de texte). Ces applications sont matérialisées par autant de fenêtres qui doivent être affichées à l'écran à tour de rôle. La manipulation de ces fenêtres nécessite la compréhension du rôle de chaque application et de celui de la barre des tâches. En début d'apprentissage, l'utilisation de fiches en papier facilite la découverte en ne proposant que l'utilisation de la seule fenêtre de navigation.

Le repérage sur une arborescence

La navigation sur un site Internet dépend de la compréhension de l'arborescence selon laquelle est organisé le site. De nombreux élèves sont confrontés à l'utilisation d'arborescences (jeux vidéo, téléphones portables, téléviseurs...) mais certains ont besoin d'un apprentissage d'initiation (voir rubrique « activités pour la classe »).

Les erreurs de manipulation

Elles sont inévitables. Pour les prévenir, il existe des moyens simples de les limiter selon l'application utilisée. Par exemple, pour le navigateur Internet, on peut utiliser un marque-page (sur Firefox) ou un favori (sur Internet Explorer) pour mémoriser un site choisi et le retrouver plus facilement. Sur un traitement de texte, on conseillera l'utilisation du bouton « annuler la dernière action » au lieu d'utiliser la touche « retour arrière » du clavier à cause de sa fonction de répétition automatique.

Des difficultés imprévisibles

Si les sites Internet ont des points de ressemblances sur lesquels il est possible de s'appuyer, ils ont également des différences qui peuvent être imprévisibles. Par exemple, quelquefois on trouvera :

  • un site à l'intérieur de la page d'un autre site
  • plusieurs arborescences de navigation
  • l'impossibilité de copier le texte trouvé (tout du moins immédiatement)

La validité des informations trouvées

L'internet contient une masse importante d'informations qui n'est ni exhaustive, ni entièrement fiable. Il est donc nécessaire de sensibiliser nos élèves à la fiabilité des informations trouvées.

Quel que soit le sujet de recherche envisagé, ce thème est présent d'une façon récurrente (pour plus d'informations se reporter à la rubrique « Ressources pour l'enseignant »).